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Patrimoine

Touques est l’une des plus anciennes villes du Pays d’Auge et fût un port de commerce très actif jusqu’en 1825.

De cette splendeur ancienne, Touques a conservé tout son patrimoine exceptionnel avec ses maisons typiques, de la grande rue à ses cinq Monuments classés.

Bâtiments classés Monuments Historiques

  • Eglise Saint-Pierre dans sa totalité (1840)
  • Bâtiments inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques
  • L’Eglise Saint-Thomas en totalité (1926). Le groupe sculpté Saint Joseph et l’enfant Jésus sont « objets classés » (1977) et les 5 verrières sont inscrites à l’inventaire général du patrimoine culturel (1994)
  • L’Amirauté pour les façades et la toiture (1967)
  • Le Manoir du Grenier à Sel pour les façades, la toiture et la grande cheminée du rez de chaussée (1969)
  • Le Manoir de Meautry en totalité ainsi que le portail d’entrée et les toitures des bâtiments attenants (1933). Son jardin est inscrit au pré-inventaire des jardins remarquables (1987)

L’ARCHITECTURE AUGERONNE

Village-rue, Touques voit donc ses constructions s’échelonner de part et d’autre de la voie principale, la Place Lemercier constituant le centre de cette chaussée qui serpente au travers de la cité fleurie.

Cette organisation de l’habitat vient sans doute de l’installation progressive de maisons et de fermes sous la haute tutelle du château de Bonneville-sur-Touques, la puissante forteresse qui fit la gloire et la renommée du lieu.
Dans les petites agglomérations médiévales, les voies n’excédaient généralement pas quatre ou cinq mètres de large.
En l’absence d’un véritable plan d’urbanisme, les ruelles, impasses, venelles, passages sous maisons (comme celui-ci qui mène du lavoir aux halles) proliféraient, créant un enchevêtrement labyrinthique.
Avant le XIIIème siècle, peu de rues portaient un nom : Grand’ Rue, Haute Rue, Basse Rue suffisaient à désigner les axes principaux. Les habitants se repéraient grâce aux enseignes, aux fontaines, aux bâtiments publics et religieux.
Tout au long de la rue centrale, des rues et passages adjacents, nous rencontrons de nombreuses maisons à pans de bois qui conservent leur caractère typiquement Augeron à Touques.

La forêt proche fournissait le matériau de construction le plus facile à mettre en œuvre et le moins cher. En Pays d’Auge, le pan de bois est employé dans toutes les catégories de construction, du simple bâtiment d’exploitation agricole au logis noble en passant par la demeure urbaine. Les édifices en briques coexistent car il y avait plusieurs briquetterie dans les alentours.
Une maison à colombages ou maison à pans de bois (expression plus adaptée lorsque la maison est à plusieurs étages), est une maison constituée de deux éléments principaux. Les poutres principales, maîtresses et de forte section, forment un squelette solidaire de la charpente, l’ossature, qui sera complétée par une armature de pièces de bois secondaire, le colombage, le tout garni d’un matériau de remplissage, le torchis.
Les maisons ordinaires, aux murs à colombages, sont assez étroites, avec une ou deux fenêtres par étage, serrées les unes contre les autres. Constituées d’un rez-de-chaussée de pierres et de trois ou quatre étages de bois et de torchis, elles sont desservies par un escalier à vis. La couverture du toit est faite de chaume ou de lattes de bois. Il y a de gros risques d’incendies, d’autant plus que les maisons sont en bois. Les habitants doivent éteindre les lumières lorsque sonne le couvre-feu.

L’ÉGLISE SAINT-PIERRE

Considérée comme la plus belle église romane du Pays d’Auge, elle a été construite vraisemblablement à la fin du 11ème siècle succédant à un édifice plus ancien.
Le joyau de cette église est sa tour lanterne octogonale surmontant la croisée du transept. Elle est flanquée d’un contrefort à chaque angle dont se détachent dans les quatre directions nef, chœur et croisillons. Le tambour de la tour devient octogonal, les pans coupés étant plus étroits que les faces principales. Chacune des huit faces est ornée d’une double arcature plein cintre appuyée sur colonnette à tailloir volumineux et chapiteau peu décoré. Les arcades des faces correspondent à des fenêtres, celles des pans coupés sont aveugles. On retrouve ces dispositions dans certaines églises en Angleterre.
Le chœur désaxé par rapport à la nef est voûté de pierres, en berceau supporté par un arc doubleau énorme sur lequel on peut voir encore quelques fresques polychromes aux motifs géométriques rappelant le style de la peinture romane normande.
La nef, datée des environs de 1100, communique avec les bas-côtés par des arcades retombant sur de majestueuses piles cylindriques. Sans doute endommagée, elle a été réduite de 4 travées au XVIIème siècle. La partie manquante est représentée sur le parvis, la façade extérieure reconstruite alors ne présente que peu d’intérêt.
Les chapiteaux des colonnes sont remarquables, représentant des quadrupèdes, des serpents ou des têtes plates. Les plus anciennes sont celles de la croisée de transept et du chœur qui témoignent des nombreux courants artistiques qui ont traversé la Normandie à la période ducale (thèmes de l’orfèvrerie barbare, compositions animalières d’influences scandinaves ou italiennes s’expliquent par l’origine des populations qui ont peuplé la Normandie à cette époque).
L’église est désacralisée depuis 1791. Elle faillit être détruite et doit sa sauvegarde à la Caisse Nationale des Monuments Historiques créée en 1840 qui y entreprit la même année de vastes restaurations et permit à l’édifice de continuer à exister.
Elle sert maintenant de galerie d’exposition, de salle de concert et à d’autres manifestations culturelles faisant partie du Quartier des Arts de Saint-Pierre.

 

 

Le Presbytère

Construit en 1783, le Presbytère de l’église Saint-Pierre ne tiendra pas longtemps sa fonction puisqu’ en 1791 l’église est désacralisée.
Les deux paroisses touquaises, eurent chacune leur église et leur curé. L’une au nord du ruisseau des ouïes et l’autre au sud. Elles furent réunies, et une seule église fût conservée pour le culte. Le choix se porta sur l’église Saint-Thomas.
Récemment, la Commune a acquis ce Presbytère et l’a reconverti. Il accueille désormais, tout au long de l’année, des artistes et leurs expositions-vente.
Ce bâtiment, à l’historique méconnu, sait se distinguer, grâce à de nombreuses particularités architecturales qui font tout son charme : ses épis de faîtage, sa cheminée en damier de briques et de pierres, ses portes et fenêtres en bois sculpté, son rez-de-chaussée en pierre contrastant avec l’étage en bois ainsi que l’oeil de boeuf sur le pignon.

Le Manoir et son Grenier à sel

Construit au milieu du XVIIème siècle, sa façade mêlant pierre de Caen, silex blanc et silex noir, son toit à forte pente, son imposante cheminée et ses chaînages de pierre sont typiques du style architectural Louis XIII .
Les bâtiments sont édifiés le long du Douet Mont blanc devenu Ruisseau des Ouïes ce qui permettait aux barques chargées de sel de remonter jusqu’au magasin.
Dans le Manoir, officiaient et logeaient un contrôleur des salines et un commis aux quêtes, tous deux employés de la Ferme Générale. Ils étaient en charge de surveiller la production des sauniers et de recouvrer pour le roi les taxes sur le sel appelées Gabelle. Le magasin attenant au Manoir, ouvert 2 jours par semaine, fournissait les habitants et certains commerces des 40 communes environnantes. Le grenier à sel servait à entreposer le sel et les officiers y surveillaient les quantités produites et mises sur le marché. C’est dans ces lieux que se sont tenus les premiers conseils municipaux de la Commune.
Les dépendances, le magasin et une partie du terrain environnant viennent d’être achetés par la Ville cela nous permettra de supprimer le mur qui actuellement défigure le manoir depuis le XIXème siècle. Nous avons un gros travail de réhabilitation avant de pouvoir enfin mettre en valeur ce lieu dans toute sa richesse.
Un cabinet de conseils en stratégie touristiques vient d’être nommé pour étudier le développement de ce bel ensemble.
Inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1969 pour les façades, la toiture et la grande cheminée du rez-de-chaussée

L’Amirauté

L’importance commerciale du port de Touques, dès le XIIème siècle, justifie la mise en place, en 1331, du siège d’une administration particulière: une Amirauté logée à proximité des quais.
Le personnel est composé d’un lieutenant, d’un procureur, d’un commissaire, de deux huissiers, d’un maître de quai et d’un courtier. Ils sont chargés d’assurer l’ordre sur les quais, où les litiges sont très nombreux, d’infliger des amendes, de contrôler la circulation, le chargement des gabarres et d’en percevoir les taxes.
L’Amirauté surveille la pêche et les pêcheries établies sur la Touques. Elles sont libres de droits et se transmettent par l’héritage, situation particulière et très avantageuse pour les habitants.
L’Amirauté a la responsabilité du guet de la côte. Elle recrute, équipe et rétribue les gardes disposés dans les guets le long des côtes. La défense de l’estuaire de la Touques par la capitainerie N°17, établie sur Trouville, est des plus légères : pas de batterie, pas de magasin.
Suite à la baisse d’activités économiques du port, elle fut supprimée en 1786.

Le Quai Monrival

Les anciens quais St Pierre et St Thomas, ont été rebaptisés « Quai Monrival ». Il est difficile d’imaginer l’existence d’un port à Touques. Pourtant il a fait la renommée et la fortune de la commune du XIIème au XIXème siècle.
Les deux quais n’étaient séparés que par le cours d’eau le Douet Mont Blanc. A son apogée, le port représenta jusqu’à 12 000 m². Il fut un chantier naval. Le quai Saint-Pierre avait un volume de 500 tonneaux soit environ 33 conteneurs et un équipage de 250 hommes. Son commerce était presque entièrement tourné vers l’exportation : le bois, le sel, les pommes, le cidre et le calvados représentant 98 % de son activité, livrés jusqu’à des destinations lointaines telles que le Brésil ou Terre-Neuve ~ Québec. Les 2 % restant étant consacrés à l’importation des matériaux comme les tuiles et les pierres. Du XVIème à la fin du XVIIIème siècle, il entre en moyenne 250 à 300 embarcations par an dans le port de Touques.
Le port resta très actif jusqu’au début du XIXème siècle. Ensuite, avec le développement de Deauville et Trouville-sur-Mer, celui de la voirie et du chemin de fer, et le détournement de la Touques en 1863, Touques perdit son port.

L’Église Saint-Thomas

Edifiée au XIIème siècle, elle est classée à l’inventaire des monuments historiques depuis 1926.
L’église Saint-Thomas s’appelait au départ Saint Etienne. Et elle a été victime de nombreux remaniements qui ont altéré le style roman originel encore visible dans la nef.
Aujourd’hui, seul le chœur est d’époque. Le portail est de style Louis XIV et la façade a été refaite au XIXème siècle.
Le nom de l’église vient du passage à Touques de Thomas Becket, conseiller du roi et archevêque de Canterbury. Il a vécu en France comme moine pendant 6 années et a été assassiné dans sa cathédrale un mois après son retour en Angleterre le 29 décembre 1170. Il sera canonisé en 1173 et les habitants de Touques placeront leur église sous sa protection.
Dans l’église, on peut apercevoir des trous dans les murs qui servaient à mettre des échafaudages pour permettre les réparations. Cela s’appelle des trous de boulains.
Un gigantesque crucifix date du XVIème siècle, une statue de Saint Gilles (protecteur des enfants), une vierge à l’enfant et la statue de Saint Gilles (en plâtre peint) ornent la nef.
A l’intérieur de l’église, le deuxième vitrail, de gauche à droite, représente l’assassinat de Thomas. On peut voir le roi qui a commandité l’assassinat par 3 chevaliers. Peint à la main au XVIème siècle, ce vitrail n’est visible que de l’intérieur.
A la fin du XIIème siècle, le trou des pestiférés permettait aux croyants atteints de la peste, d’écouter la messe à l’extérieur de l’église afin de ne pas contaminer les personnes de l’intérieur. Probablement due à la présence de la maladrerie Saint-Jacques à la fin du XIIème siècle.
En extérieur, sous le toit, des «Modillons» représentant des têtes d’animaux servaient à tenir la corniche. La flèche de l’église est de style néogothique et date de 1870.
L’église Saint-Thomas est depuis la désacralisation de l’Eglise Saint-Pierre, le seul lieu de culte de Touques.

Le Manoir de Meautry et ses écuries

Inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1933, il possède un portail monumental.
On trouve la trace du nom de Meautry au XVème siècle à Touques, où Guillaume Carel de Meautry et de Mercy possédait son fief. Cette terre est aujourd’hui celle du haras de galopeurs de la famille Rothschild appelée… Meautry.
Jean-François Bonnet fera construire le premier bâtiment aux environs de 1750 grâce à la fortune de sa femme, Louise Aimée de Malherbe de Malicorne. Il meurt à trente ans laissant ces travaux inachevés.
Construite en briques rouges de Normandie, la dépendance forme un L avec le manoir au Nord-Est. On retrouve trace sur le cadastre napoléonien, d’un bâtiment qui lui faisait face au Sud-Est, malheureusement disparu aujourd’hui.
La première partie des dépendances servait d’écurie, tandis que la seconde était consacrée au rangement des voitures… à cheval. Dans ce qui fait office de réserve de bois, on distingue encore aujourd’hui les anneaux où l’on attachait les chevaux.
C’est l’un des Haras le plus célèbre de France. Il appartient à la famille de Rothschild. Il est créé en 1875 par deux frères Alphonse et Gustave de Rothschild autour d’un manoir datant des XVIème et XVIIème siècles.
L’ensemble du domaine couvrait alors douze hectares, il atteint aujourd’hui presque une centaine d’hectares. Transmis aux descendants, le haras appartient aujourd’hui à Edouard de Rothschild, Président de France Galop.
Le jardin a été dessiné par Russel Page (architecte paysagiste anglais). De nombreux chevaux remarquables y ont été élevés et y sont toujours élevés, dont quelques champions légendaires, ayant remporté le prestigieux Prix de l’Arc de Triomphe.
La reine Elisabeth II du Royaume-Uni a été accueillie dans ce haras lors de l’un de ses séjours en France, elle y déjeuna le 29 mai 1967.
Les anciennes écuries devenues Ateliers d’Arts
En 1875, Alphonse et Gustave de Rothschild construisent le haras de Meautry autour d’un manoir datant des XVIème et XVIIème siècles. Les écuries, alors dépendances de celui-ci, seront données à la Ville de Touques par le baron Guy de Rothschild et sont restaurées pour être transformées en ateliers d’arts.

La Mairie

La disparition du port dans les années 1850 plonge la cité dans une lente et longue période de désertification économique.
Il faudra attendre 1914 pour voir une nouvelle mairie être érigée.
Cependant le financement de la mairie met à mal le budget public, ce qu’il lui vaudra le nom de « Mairie en or ».
Fort heureusement, dès le milieu du siècle, la tendance s’inverse. Touques se relève peu à peu et son Hôtel de Ville prend alors valeur de symbole : celui de la volonté de retrouver une importance, un temps oublié.
L’imposant bâtiment est de type Néoclassique, dominé par son horloge monumentale et soutenu par de superbes colonnades, la Mairie de Touques est située au milieu de la place principale du centre historique de Touques.

 

Les halles

Les vieilles Halles du XVème siècle, autrefois parallèles de la grande rue, ont été détruites en 1910.
Elles avaient fière allure, avec leur double nef et leurs 11 travées. Elles abritaient le marché hebdomadaire et les trois foires annuelles de Touques, preuve s’il en est besoin du dynamisme commercial de la Ville, cinq siècles durant.
A partir du XIXème, le Préfet du Calvados intime l’ordre d’abattre les trop vieilles et superbes halles dont les Touquais étaient si fiers.
Il faudra attendre 1996, lors du réaménagement de la place pour que Touques retrouve sa halle.
Plus petite que les précédentes, elle sera agrandie en 2017. Elle accueille trois fois par semaine le marché, ainsi que différentes manifestations tout au long de l’année.

Autres édifices remarquables

Le Manoir du Mesnil Saint-Germain

La route, qui monte et serpente, relie Touques au carrefour de la Croix-Sonnet, laissant à sa droite le vallon du ruisseau de Dauboeuf et les souvenirs lointains du prieuré de Saint-Martin-du-Bosc, enfoui dans la forêt.
La toiture a l’audace et la fière allure de ces charpentes si fréquentes en Normandie. Elle est agrémentée de deux vastes lucarnes de bois. On trouve à l’intérieur, une cheminée remarquable datant de la renaissance.

Le manoir de l’Épinay

Sur le flanc du coteau qui domine Trouville-sur-Mer, face au mont Poulain, le manoir de l’Épinay, isolé, tout au bout de son long chemin d’accès, surprend par son ensemble de constructions. à droite, un grand bâtiment rural recouvert d’un interminable toit de chaume, à gauche, un colombier cylindrique, en pierre, est surmonté d’un toit conique, couronné d’un lanterneau et d’une croix.

Le Manoir de Fleurigny

Cette construction très élégante est installée sur le versant d’une petite vallée qui descend vers la Touques. On accède au manoir de Fleurigy par le chemin du Haut-Bois ; quelques arbres magnifiques lui servent de cadre. On aperçoit, sur l’autre versant du val, le château d’Aguesseau et le Manoir de l’Épinay.

Les lavoirs

Au Moyen-Age, les lavoirs étaient nombreux à Touques tout au long du ruisseau des ouïes (autrefois douai Mont Blanc).
Aujourd’hui, il en reste deux : rue Schaeffer et sur la place Foch que les habitants aiment à appeler la place du lavoir.

Reportage historique effectué le groupe ELAN’S de l’Infrep en relation avec la Ville de Touques et son Espace Public Numérique en 2015 et retravaillé et étoffé en 2018 pour la labellisation “Touques, petite cité de caractère”.